Le Neurofeedback pédiatrique ! C’est à partir de quel âge ?

La réponse de l’institut neurosens :

Il est bien difficile de répondre avec précision à cette question. On admet habituellement de débuter le Neurofeedback vers 5 ou 6 ans. Tout dépend des capacités perceptives de l’enfant. Pour lui permettre de répondre favorablement aux rétroactions sensorielles lors de l’entraînement cérébral.

Pourquoi pas avant cet âge ! Qu’en est-il exactement ? Peut-on préciser un âge pour débuter le Neurofeedback ?

LE NEUROFEEDBACK PÉDIATRIQUE EST-IL POSSIBLE ?

Il n’est pas anodin de poser cette question. Cela revient obligatoirement à nous intéresser aux différentes théories explicatives du développement. Que ce soit des fonctions cognitives, motrices et émotionnelles chez le très jeune enfant.

En répondant, au préalable, à différentes questions à travers l’histoire de ce développement humain :

  • À quel degré le très jeune enfant est-il fonctionnellement cortical ?
  • Comment le cortex commence-t-il à apporter une contribution fonctionnellement significative à la première enfance ?
  • À quel âge le comportement moteur est-il influencé de façon volontaire et intentionnelle ?

LE DÉVELOPPEMENT PRÉCOCE DE L’ENFANT

Les trois premières années de la vie représentent la période majeure du développement. Qu’il s’agisse du développement moteur, cognitif, émotionnel, interpersonnel et des liens d’attachement.

Aucune autre période de la vie ne réalise une transformation aussi étendue dans un laps de temps aussi court. Dès l’âge de deux à trois ans, de nombreuses fonctions sont déjà matures. 

L’ÉVOLUTION DES NEUROSCIENCES

Les révolutions scientifiques entraînent des changements de paradigme qui exigent du temps pour pénétrer la communauté scientifique. La « vérité scientifique » à un instant donné ne représente qu’un consensus temporaire au sein de cette communauté.

C’est le cas pour la science du développement moteur, cognitif et émotionnel précoce de l’enfant. Son histoire été marquée par de nombreuses théories au cours du siècle dernier.

AUJOURD’HUI !

À ce jour, on ne pense plus comme le faisait Haeckel, que l’ontogenèse répète la phylogenèse.

Selon cette théorie le développement de l’individu (l’ontogenèse) est une réplique condensée de l’évolution de l’espèce (la phylogenèse).

On considère actuellement le développement humain comme résultant de forces diverses : génétiques et épigénétiques, internes et environnementales.

Le développement cognitif au sens large semble procéder plus par vagues successives que par marches d’escalier (Houdé, 2009).

Fort heureusement, la psychologie de l’enfant est sortie de l’influence dominante de modèles majeurs, limités à une dimension. Comme l’ont été celui de Piaget (1923) sur le développement cognitif et celui de Freud (1924) sur le développement affectif.

Comme l’exprime de Damasio (2001) dans son ouvrage, l’erreur de Descartes. On ne pense plus que le développement cognitif soit le sommet de la pyramide. On mesure mieux l’influence des émotions sur la cognition.

CE QUI A PARTICULIÈREMENT CHANGÉ !

1- DOULEUR ET DÉPRESSION CHEZ LE TRÈS JEUNE ENFANT

La douleur et la dépression du très jeune enfant ont un point commun. Elles ont longtemps été et sont encore fréquemment mises en doute, non reconnues, voire déniées. 

Il n’y a pas si longtemps encore, nous pensions que Bébé ne souffrait pas. En 1990, l’idée d‘une immaturité fonctionnelle du système nerveux est communément admise. Au point même que dans des cas extrêmes la psychiatrie ne recommande pas la prise en charge de la douleur.

En 1994 apparaît la seule classification existante en psychiatrie du nourrisson.

2– LA CONCEPTION DU DÉVELOPPEMENT PROPOSÉE PAR JEAN PIAGET.

Les actions réflexes vont par répétition devenir des actions intentionnelles

Pour Jean Piaget, le stade sensorimoteur ou sensori-moteur est le premier stade du développement cognitif de l’enfant. Il s’étend de la naissance à deux ans environ.

Il dénomme le nouveau-né automate sensori-moteur, exclusivement limité à un mode de fonctionnement « réflexe ». 

Sur la base de leurs comportements innés et aléatoires, les bébés coordonneraient les informations sensorielles et motrices petit à petit. Ils les utiliseraient pour résoudre des problèmes simples.

3- LA THÉORIE DU CERVEAU TRIUNIQUE DE PAUL MAC LEAN

Il affirmait en 1960 que trois cerveaux distincts, apparus successivement au cours de l’évolution, cohabitaient en nous

Le cerveau reptilien, le cerveau limbique et le néo-cortex.

Or on sait maintenant que ces structures cérébrales ne fonctionnent pas de manière indépendante. Elles ont tissé de nombreuses connexions par lesquelles elles peuvent s’influencer mutuellement.  

La neuroanatomie le démontre. Les voies nerveuses reliantle système limbique au cortex sont particulièrement développées.

En somme, cette théorie est un neuromythe.

4- LE RÔLE DES RÉFLEXES ARCHAÏQUES

Quel est le rôle exact de ces réflexes primitifs dans le développement de l’ontogenèse ?

Dans un article précédent, nous avons longuement conversé sur les troubles posturomoteurs chez l’enfant. De nombreuses méthodes ont été élaborées au cours du XXème siècle au sujet des thérapies basées sur les réflexes archaïques. Elles se fondent, pour la plupart, sur la conception du cerveau trinque de Mac Lean.

La normalité de ces réponses réflexes ne garantit pas la qualité du développement de la motricité de l’enfant

La normalité de ces réponses réflexes ne permet pas de garantir la qualité du développement de la motricité de l’enfant ». (Bingler, 2002).

L’ÉMERGENCE D’UN NOUVEAU PARADIGME

En 1985, l’intuition d’un clinicien exceptionnel présage déjà d’un renouveau de la science du développement cognitif et moteur du nouveau-né.

Ses observations annoncent un changement de paradigme d’une importance capitale. Il allait battre en brèche les conceptions de Piaget et de Freud

Dès les premiers jours de sa vie, le nouveau-né est ouvert sur le monde extérieur grâce à tous ses sens”

Il est prêt à réagir avec son entourage, avec des mouvements intentionnels, témoins d’une activité cérébrale volontaire et coordonnée ».

Voici ce que constatait déjà Albert Grenier, pédiatre, dans son service du centre de rééducation fonctionnelle pour infirmes moteurs cérébraux.

LA MOTRICITÉ LIBÉRÉE

Cette courte vidéo prouve la formidable intuition de ce clinicien :

Cliquez ICI

https://membres.neurosens.fr/la-motricite-liberee/

Quelques jours à peine après sa naissance, Bébé est apte à exécuter des gestes intentionnels de préhension d’un objet. Cela signifie qu’il est capable de manifester la motricité volontaire !

Il suffit pour cela, de le délester d’une partie du poids de son propre corps soumis à la gravité.

Pour cela, il faut tenir la nuque de Bébé. Et surtout, il est important que l’interlocuteur capte son regard.

Bébé se saisit alors du jouet placé devant lui, car il retient toute son attention

Sa motricité est libérée

Ce livre d’Albert Grenier, s’intitule : “la motricité libérée . Son contenu a sans aucun doute inspiré de nombreux thérapeutes. Sur ces traces, de nombreux chercheurs participent à ce renouveau de la science du développement moteur du nouveau-né.

PLUS RÉCEMMENT !

1. LA MARCHE DITE AUTOMATIQUE

Marianne Barbu-Roth est l’une de ces scientifiques qui a été interpellée par les observations d’Albert Grenier.

Elle contribue à nous démontrer le rôle de la vision pour la marche de Bébé .

Et cela dès le 3ème jour après la naissance.

Elle met en évidence que la marche du nouveau-né n’est pas qu’un réflexe tactile. Bien plus ! Le nouveau-né est, dès sa naissance, préparé à utiliser son environnement visuel pour ajuster ses pas.

Cette étude jette un nouvel éclairage au couplage précoce entre perception et locomotion. Or la perception est contrainte par nos représentations. Tout ce qui ne peut être établi par la vision peut être complété mentalement par une hypothèse

2-L’IMPORTANCE DU CONTRÔLE CORTICAL DANS LA MOTRICITÉ

Une étude menée récemment par une équipe japonaise démontre l’importance du contrôle cortical chez le nouveau-né.

Téléchargez l’article en anglais :controle-cortical-neonatal_Article_KanazawaDownload

Ou la version traduite en français :controle-musculaire-cortical-des-mouvements-spontanes-chez-les-nouveau-nes-humainsDownload

RÉSUMÉ DE L’ARTICLE

Cette étude fournit des preuves du contrôle cortical descendant de l’activité motrice chez les nouveau-nés humains.

En utilisant la cohérence corticomusculaire, CMC, et la causalité de Granger entre l’EEG et l’EMG. 

De manière critique, on constate qu’une CMC signficative est corrélée avec l’âge postnatal. Ce fait se produit uniquement dans la bande de fréquence bêta. Ce qui implique une relation entre la CMC et la maturation neurale au cours du développement néonatal. 

Ces résultats suggèrent que la communication corticomusculaire se développe déjà pendant le stade néonatal. 

Quinze nouveau-nés sains à terme et prématurés (huit hommes, sept femmes ; terme complet – 5, prématuré – 10), âgés de 36 à 42 semaines (post-conception). Ils ont participé à cette expérience 5-67 jours après leur naissance à l’hôpital universitaire de Kyoto. Aucun des sujets ne présentait de troubles neurologiques.

L’électroencéphalogramme (EEG) est réalisé à partir de la zone sensorimotrice primaire.

C’est à dire la zone qui contrôleles muscles des jambes.

L’enregistrement est effectué en Cz selon le système international 10/20.

LE NEUROFEEDBACK PÉDIATRIQUE ! C’EST À PARTIR DE QUEL ÂGE ?

Comme nous venons de le voir, les neurosciences étayent les observations d’Albert Grenier qui datent de près de 50 ans.

Ces études confirment à quel point les compétences perceptivomotrices sont précoces.

Des compétences cognitives et émotionnelles tout aussi précoces s’y associent.

Cette réalité confirme de nombreuses études de cas observées sur le terrain. Nous encourageons fortement la pratique du Neurofeedback pédiatrique dès le jeune âge.

Sur un plan pratique, il est indispensable de s’adapter à ce nouveau paradigme.

L’acquisition d’un jouet en peluche « vibro-tactile » peut s’avérer très utile. Cet outil complètera utilement la panoplie des rétro-actions utilisées en neurofeedback.

CONCLUSION

Il y a un grand intérêt à suivre les publications scientifiques concernant les capacités précoces du très jeune enfant. Nous attendons avec impatience de nouvelles études.

Notamment, une nouvelle étude de mme Barbu-Roth qui testerait cette approche avec des enfants atypiques. Le neurothérapeute pourra encore davantage s’engager dans la pratique de son art pour aider l’enfant dès son plus jeune âge.

Il y a encore peu d’études cliniques à propos du neurofeedback pédiatrique. Gageons que cela change rapidement. L’intérêt croissant pour le dépistage précoce des troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant nous encourage à conseiller le Neurofeeddback pédiatrique. Dès qu’il est possible techniquement de le pratiquer.

Les indications du Neurofeedback pédiatrique sont immenses. Elle intéressent déjà tous les intervenants avec des très jeunes enfants du milieu du handicap.

Qu’il s’agisse du handicap visible comme la paralysie cérébrale, les handicaps moteurs, les TSA,

Ou qu’il s’ agisse du handicap invisible, le TDAH, les troubles DYS.

Institut Neurosens

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close